"Aujourd’hui, la filière phytosanitaire est confrontée à une médiatisation de plus en plus importante (et plutôt négative...) des produits phytosanitaires. L’affaire Gaucho et Régent en est l’illustration. On pourrait s’attendre à ce que cette mise à l’index des pesticides par la société civile engage les acteurs de la filière vers une réflexion de fond sur les impacts environnementaux des différentes stratégies proposées. Il n’en est encore rien pour le moment. (…) Face à cette pression, la réaction immédiate est d’expliquer au "grand public" et de communiquer sur les produits, leur utilité, leurs usages."
Rapport 2006 de l'INRA sur les pesticides - page 51


2005
Mobilisation générale contre la campagne de publicité sur les pesticides de l'UIPP
En 2005, animés par cette logique de "transparence et d'information" qui lui est chère l’UIPP (Union des Industries de la Protection des plantes qui représente les industriels de l'argrochimie) lance une grande campagne nationale de communication dans la presse grand public dans les magazines tels "Télérama, Psychologie Magazine, Femme Actuelle…" relayée par un numero azur et un site internet "protection des récoltes.fr".

En réaction à cette campagne UIPP pro-pesticides, qui affirme notamment que "les pesticides contribuent à la production d'aliments sains" (sic), le MDRGF a porté plainte en référé auprès du tribunal de Rennes. Le MDRGF sera finalement débouté en appel non pas sur le fond mais sur la forme : une signature sur cinq manquait au procès verbal du conseil d'administration de l'association !

>>> L'effet boomerang, l'UIPP médiatise le MDRGF

Comme l'avait prévu le magazine Stratégies, la campagne UIPP a eu un effet boomerang puisque révoltés par les allégations de l'UIPP, les associations environnementalistes et consuméristes nous ont massivement soutenu l'action contre cette campagne. Par ailleurs, l'action du MDRGF lui a permis de renforcer son image d'association de référence sur le sujet des pesticides  totalisant plus de 9 heures de présence télévisuelle en 2005.

Fort heureusement, la campagne de l'UIPP a renforcé notre légitimité à agir. Malgré nos faibles moyens financiers, les effets de notre contre campagne ont fonctionné au delà de toute espérance et l'audience du site MDRGF (et de la newsletter) n'a cessé de croître de manière exponentielle: nos connections ont été multipliés par dix. Fort de son audience croissante (10 000 visiteurs uniques mensuels), le site MDRGF s'impose comme un véritable média d'information sur les risques environnementaux et sanitaires liés aux pesticides.

Les soutiens multiples des citoyens, des bénévoles, des scientiques et de plus en plus de fondations et entreprises éthiques a lui aussi été considérable et nous permet d'aborder l'anti-campagne 2006 nettement mieux armés que l'an dernier…


2006

1 million d'euros pour tenter de convaincre un public non averti des bienfaits des agrotoxiques !

>>> L'UIPP ose enfin le mot tabou de Pesticide
Noyé parmi les sites diffusant des informations sur les dangers sanitaires et environnementaux des pesticides, l'UIPP a revu sa stratégie internet. L'UIPP se refusait jusqu'a présent à employer le terme approprié mais peu valorisant de PESTICIDE au profit de terme plus reluisant du type "produits de protection des plantes" ou mieux encore de "santé des plantes" à défaut d'oser le terme de "médicament des plantes". Enfermé dans sa logique, en 2005, l'UIPP avait appelé son site www.protectiondesrecoltes.fr.

Ayant enfin compris que le terme de "protection des récoltes", n'était pas un terme évident pour le grand public, l'UIPP a revu sa copie et appelé un chat un chat. Le site change donc de nom pour devenir www.info-pesticides.org.«Avec un tel intitulé, quand on tape le mot pesticide dans un moteur de recherche, l’internaute aura au moins un site internet favorable aux pesticides», déclare Claire Morin, la responsable communication à l’UIPP.

>>> L'UIPP continue de s'attaquer à un public non averti
Malgré les six procès en 2005, L’UIPP relance une nouvelle campagne de communication presse à destination du grand public afin de rendre socialement acceptables les pesticides. Elle est destinée à faire croire à un public non averti que les pesticides ne sont pas dangereux pour la santé et l'environnement. Intitulée du manière truculente «qui sème des questions récolte des réponses», cette campagne de propagande sera diffusée dans des journaux de presse féminine de février à avril 2006. Comme l’an passé, elle invite à aller consulter un site internet et à appeler un numéro azur.

>>> et maintenant les enfants
La grande nouveauté 2006 qui nous "réjouit" est la présence de l’UIPP pour la première fois, sur le Salon de l’Agriculture, du 26 février au 5 mars. Oubliant, les risques d'accidents domestiques liés aux pesticides, l'UIPP veut séduire les jeunes générations pourformater les esprits de nos bambins et les convaincre des bienfaits des agrotoxiques. Entre autres réjouissances, l'UIPP proposai : une « clinique des plantes » (sic), des activités pédo pédagogiques. Grâce à nos amis de la Confédération Paysannne, nous avons aussi été présents avec nos modestes moyens (voir la manifestation).